Villages « gaulois et castellas

Des villages « gaulois » à Peyrolles.

                                   

Les oppidums sont des fortifications celto-ligures en pierres sèches. Elevés sur une éminence pour surveiller la venue de visiteurs éventuels, ennemis ou marchands, ils sont généralement constitués de trois enceintes concentriques, construites en grosses pierres assemblées sans mortier. Il y a plusieurs oppidums dans les bois de Peyrolles, après les carrières  vers Sauvan, dans le vallon Saint-Anne, au-dessus de la Bastide Blanche (oppidum de Guinet), à la Vieille Couelle et aux Nirons. Du néolithique à l’âge du bronze (IIIe/IIe millénaire av. JC), les grottes servent de refuge aux bergers et à leurs troupeaux. Ces abris sous roche sont fréquents dans les environs immédiats au sud de Peyrolles. A l’âge du fer et jusqu’à l’Antiquité (IIe/ IIIe siècle ap.JC), on assiste au développement des Castellaras et des oppidums. Celui dit de Guinet est au-dessus de la Bastide Blanche. Ce nom vient d’un ancien établissement templier : ils construisaient volontiers dans des endroits déjà consacrés depuis des temps immémoriaux. En ce lieu privilégié on trouve des vestiges néolithiques (chasséen – 4000) et chalcolithiques (âge du bronze) sur tout le plateau, sous forme de morceaux de pisé, de poteries, de silex éclatés et taillés, un dolmen sur le flanc nord, surplombant ce qui, à l’époque la plus ancienne, était le rivage des eaux du lac.

L’oppidum de Guinet a déjà été décrit par la Société Préhistorique de France (bulletin N° 1 tome IV, 4e année, de janvier 1907). C’est un habitat celto-ligure, fourmillant de débris de poteries, de doliums, d’ossements de bétail (collection Cazenque et Donzel au Palais Longchamp à Marseille Muséum d’Histoire naturelle, salle de Provence.).

 Le Castellas de la draille de Perembrun.

Un castellas ou castellaras est un oppidum élevé pour défendre une hauteur, un vallon, une place forte. Au nord-est de la Vieille Couelle (une couelle est une colline, un col, une éminence), à l’extrémité d’une draille qui part de l’oppidum de Guinet, semblable à ces « chemins gaulois » des Cévennes ardéchoises ou de l’Aubrac, s’élève dans un bois de chênes-verts, sur une surface d’environ un hectare, un grand quadrilatère rectangulaire entouré d’un mur de pierres sèches, comme une enceinte écroulée, qui devait mesurer un mètre soixante-et-dix environ. A l’intérieur de cette place, une trentaine de grands cratères de cinq mètres de diamètre au sol pavé de pierres plates se côtoient sur toute la surface de l’emplacement. Dans la surface de ces « mardelles », comme on les appelle dans le Berry, on trouve un plan de deux mètres absolument horizontal. Ces cercles sont très serrés les uns contre les autres, pratiquement mitoyens. A une centaine de mètres au sud, on trouve un gros tas allongé de petites pierres disposé d’ouest en est. Ce pourrait bien être un tumulus, c’est-à-dire une sépulture. D’autant qu’il est entouré d’une soixantaine de mardelles disséminées à droite et à gauche de la draille de Perembrun, dans les environs immédiats.

 Un des côtés de ce qu’on ne peut que nommer un rempart est très escarpé. Il évoque une courtine naturelle, facile à défendre. L’avis des spécialistes consultés évolue entre des huttes « gauloises » au soubassement en pierres haut d’un mètre environ, et recouvert de faisceaux de branchages liés ensemble, ou un camp militaire classique, gallo-romain ou plus tardif.

Ce castellas, où fut découvert, au début du XXe siècle un cippe (stèle funéraire), près d’une tombe, daterait du premier siècle ap. JC. L’étymologie de Perembrun (Draille de Perembrun) fait venir ce mot de « fere emporium » = porter au marché (ampurias en grec, emporium en latin), ce qui laisse supposer l’existence d’une communauté florissante, avec des bâtiments, des habitations, fussent-elles primitives et rustiques, des cultures, des troupeaux et des échanges  commerciaux.  Un autre imposant castellas « gaulois » (celto-ligure) à trois enceintes s’élève dans le vallon Sainte Anne sur la propriété de Trempasse.

Alain Balalas – Directeur du Conservatoire de l’Instruction Publique de Peyrolles

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